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17 déc. 2020 03h12

Premiers retours sur la dératisation expérimentale

Un contrat Natura 2000 pour la mise en œuvre d’un programme de dératisation de l’archipel de Chausey dans le but de favoriser la reproduction des oiseaux marins a débuté cette année. Ainsi, de la mi-octobre à la fin novembre, une opération expérimentale de dératisation a été menée dans l’archipel. Ce projet a réuni la SCI des îles Chausey (propriétaire), le GONm (gestionnaire) et le Conservatoire du Littoral (opérateur local Natura 2000 qui assure le portage financier du contrat).

Pour cette première opération, nous nous sommes associés, sur le terrain, à la société HELP Sarl (spécialisée dans la dératisation en milieu insulaire habité) et à Arnaud Antoine Paysages (pour les opérations de débroussaillage préalables au déploiement des pièges). L’objectif de cette expérimentation était de valider la méthode et de travailler à son organisation et mise en œuvre sur le terrain en tenant compte des besoins, des marées, de la météo …

Louis installe un posteTransport des équipes ! Flavien contrôle un poste Solenn contrôle un poste
Cet automne, nous nous sommes concentrés sur une trentaine d’îlots et écueils de l’ouest de l’archipel sur lesquels ont été déployés 372 postes d’appâtage. Ces postes ont été contrôlés quotidiennement au début de l’opération puis tous les 2 jours à la fin. Plus de 5000 appâts ont été consommés par le rat surmulot soit 579 appâts/hectare, un record pour Louis, responsable de Help, qui a travaillé sur beaucoup d’autres îles. À titre de comparaison 59 appâts/ha ont été consommés sur l’île Vierge et 52/ha l’ont été sur l’île de Sein !
Cette importante consommation peut s’expliquer par une forte densité de rats et/ou par le fait que le dispositif a été visité par des animaux extérieurs aux îlots traités.

Carte de localisation des postes d'appâtage   Activité des rats

Le graphique présentant le nombre cumulé d’appât consommé présente un plateau à partir de la fin de la première décade de novembre, signe que l’expérimentation a été un succès et qu’il n’y a plus de rat sur les îlots ! D’autres indices viennent renforcer cette conclusion : les caméras infrarouges n’ont pas enregistré une seule image de rat au cours des deux dernières semaines. En revanche les caméras ont enregistré plusieurs images de musaraigne des jardins (rappelons que Chausey est le seul site normand qui accueille l’espèce), ce qui n’était pas le cas au début de l’opération. Considérée comme absente des îlots, la musaraigne des jardins n’était probablement que contrainte a se cacher à cause de la pression des rats. Le « retour » de la musaraigne est à mettre en lien avec la disparition des rats comme cela a déjà été montré dans d’autres îles.

Exemple de la Houllée 1  Exemple de la Houllée 2  Consommation d'appâts
Des postes anti-réinfestation ont été disposés sur les îlots de manière à vérifier l’absence puis la recolonisation (car il y aura recolonisation à partir des îlots non traités !).
L’expérimentation est réussie, la prochaine étape sera donc la dératisation de la totalité de l’archipel en automne 2021.

Retour des musaraigne des jardins


Fabrice & Fabrice

23 nov. 2020 03h42

Premiers retours sur la dératisation

21 août 2020 11h03

Dératisation

La dératisation, dont le projet est prévu dans le Docob Natura 2000, est approuvée par l’Etat !
La première phase sera mise en œuvre à l’automne prochain.

Le rat surmulot ou rat gris est une espèce (involontairement) introduite au Moyen-Âge en Europe occidentale et à Chausey, donc à une date inconnue.
C’est un animal omnivore qui consomme tout aussi bien des graines, des racines, des bourgeons que des coquillages, des cadavres et... des oiseaux : tout particulièrement des oiseaux marins. Ceux-ci, en effet, sont particulièrement sensibles au dérangement et à la prédation quand ils nichent : c’est pour cela qu’ils recherchent les falaises ou les îles.

Lorsque les rats abordent une île où, jusque là, il n’y avait pas de prédateurs terrestres, les nicheurs ne sont pas adaptés pour y faire face : les rats mangent alors les œufs, les jeunes voire les couveurs sur leurs nids !
À Chausey, on peut estimer que les rats empêchent deux espèces d’oiseaux marins de nicher, limitent les populations d’au moins 4 ou 5 autres. Seuls, probablement, les goélands sont capables d’y faire face (quand il n’y a pas de dérangements).

C’est pourquoi le GONm a milité pour que l’archipel soit dératisé : ceci a été acté dans le Docob de la ZPS et grâce aux financements européens, avec le soutien de la DREAL de Normandie, un dossier a été constitué. Le GONm est maître d’œuvre du projet et le Conservatoire du Littoral en assure la maîtrise d’ouvrage.

La première phase de l’opération a eu lieu à la fin de l’hiver dernier : c’était une opération de défrichage préparatoire. La prochaine aura lieu à l’automne 2020 sur un secteur de l’archipel pour bien organiser l’opération ; et c’est à l’automne 2021 que l’opération de dératisation totale de l'archipel aura lieu.

Cela permettra aux chausiais de ne plus subir la présence intrusive des rats dans leurs maisons, cela permettra aux conchyliculteurs de ne plus subir la prédation des rats sur leurs élevages et accroîtra la sécurité sanitaire de leur production et, pour les oiseaux de Chausey, cela leur permettra de ne plus subir cette contrainte forte.
Si les objectifs sont atteints, compte tenu des effets bénéfiques observés partout dans le monde après des dératisations, le succès de reproduction des sternes, des cormorans, des tadornes devrait considérablement s’améliorer et de nouvelles espèces devraient pouvoir s’installer ou se réinstaller dans l’archipel comme nicheuses.

  Jeune rat (cliché : Guillaume Debout)

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